Comment boire les huiles essentielles (sans abimer son estomac) ?

Vous voulez vous soigner avec les huiles essentielles.

Vous vous demandez surement comment boire les huiles essentielles ? Y a-t-il des précautions à prendre ? Est-ce que c’est dangereux ? Quelle est la meilleure façon de les avaler ? Est-ce que vous pouvez boire telle huile essentielle ?

Voilà toute une panoplie de questions que vous vous posez. Alors :

  • soit vous vous renseignez avant de passer à l’acte
  • soit vous vous dites : » je ne tente pas, je ne le sens pas »
  • soit vous avez décidé d’avaler une huile essentielle pour soulager votre problème. Et là c’est le drame…

Votre bouche picote, brûle comme si vous aviez mangé un piment…sans parler du goût qui vous prend tout le corps et l’odeur très forte qui émane de vous à 1 km à la ronde. 😟 Et vous commencez à ressentir des désagréments plutôt qu’une guérison. Mais que s’est-il passé ?

Je ne dis pas tout ça pour vous dire « Nooooon, n’avalez pas d’huiles essentielles !!! ». Mais plutôt pour vous dire qu’il faut faire preuve de prudence et bien se renseigner sur l’huile essentielle qu’on souhaite boire avant de le faire. Ce n’est pas un geste anodin et on va voir ça en détail ci-dessous.

 

Mais avant, je voudrais vous raconter 2 témoignages de personnes que je connais personnellement pour vous prouver qu’il faut respecter des règles avant d’avaler une huile essentielle. Et que si on la boit d’une mauvaise façon, vous risquez de vous faire très mal. Voici les 2 témoignages pour mieux comprendre.

 

Témoignage 1

Une de mes connaissances avait une mycose dans la bouche. Problème diagnostiqué par le médecin et qui ne partait pas avec les médicaments classiques.

Du coup, elle a décidé d’utiliser les huiles essentielles vu que je la bassine souvent avec ça  🙂 

Elle est allée à la pharmacie. Un pharmacien lui a conseillé l’huile essentielle d’origan compact (Origanum compactum). Et elle a acheté le flacon. Cette huile essentielle est effectivement une excellente antifongique, c’est-à-dire qu’elle est très indiquée en cas de mycoses. Là dessus il n’y a aucun souci.

Puis, elle rentre chez elle. Elle verse 1 goutte de cette huile essentielle sur un morceau de mie de pain et l’avale. Elle renouvelle le geste plusieurs fois par jour. Puis au bout de 3 jours, elle vient me voir et me dit : « Je ne comprends pas Sandrine, j’ai pris l’huile essentielle d’origan et j’ai la bouche en feu depuis plusieurs jours. J’ai comme une sensation de brûlure, ça me fait extrêmement mal. » 

A votre avis que s’est-il passé ?

En fait, elle a effectivement brûlé sa bouche, au sens propre du terme. L’huile essentielle d’origan compact est très très puissante pour soigner de nombreuses infections (d’origine bactérienne, virale, fongique et parasitaire). C’est la meilleure. En contre partie, elle est aussi très irritante pour la peau et les muqueuses. 

Donc, par ce témoignage, vous comprenez pour quelles raisons il faut faire preuve d’une grande prudence avant d’avaler une huile essentielle.

Capsules d’huile essentielle d’origan Pranarom

En ce qui concerne l’huile essentielle d’origan compact, je vous conseille de la prendre sous forme de capsule. Ce sont des capsules molles qui contiennent de l’huile végétale et l’HE d’origan. Elles sont gastro-résistantes, c’est-à-dire qu’elles ne se dissolvent pas dans l’estomac mais dans les intestins. Cela permet de ne pas irriter l’estomac et  permet une meilleure absorption de l’huile essentielle via les intestins. Vous pouvez trouver ces capsules en pharmacie, parapharmacie de la marque Pranarom par exemple.

Sinon, vous pouvez aussi tenter de l’avaler (je dis tenter car le goût est puissamment fort) en diluant 1 ou 2 gouttes dans une cuillère à soupe d’huile végétale d’olive. N’hésitez pas à avaler encore une autre cuillère à soupe d’huile végétale d’olive, après avoir avalé l’huile essentielle. Cela permet de bien diluer l’huile essentielle sur les parois de votre bouche et ainsi atténuer le goût et le risque d’irritation.

Je vous déconseille grandement de l’avaler dans une cuillère d’huile végétale si vous avez des problèmes au niveau du système digestif (ulcère, gastrite, autre problème digestif …). Vous risqueriez de vous faire plus de mal que de bien.

En conclusion, avant d’avaler une huile essentielle, je vous conseille fortement de vous renseigner sur ses contre-indications. Ici, l’huile essentielle d’origan est très irritante alors il faut l’avaler en la diluant sur un support adapté (qui est ici soit la capsule soit la cuillère à soupe d’huile végétale). De plus, si vous décidez de l’avaler en choisissant la cuillère à soupe d’HV, rajoutez 1 goutte d’huile essentielle de citron (Citrus limon) afin de protéger votre foie. A prendre sur une courte période. Donc, vous voyez, il y a des choses bien spécifiques à connaître avant d’avaler une huile essentielle ! Pour en savoir plus sur la prise d’huiles essentielles par voie orale, je vous invite à lire mon article : l’huile essentielle par voie orale.

 

Témoignage 2

Huile essentielle basilic tropical

Une autre de mes connaissances a pris des anti-inflammatoires pendant plus d’une semaine pour soulager son mal de dos. Suite à cela, elle a eu l’estomac complètement retourné ! Crampes, douleurs, grande difficulté à manger, pas d’appétit. 

Alors, comme elle avait l’huile essentielle de basilic exotique (Ocimum basilicum) chez elle, elle a décidé d’avaler 2 gouttes diluées sur un sucre pour soulager ses crampes. Suite à ce geste, elle a eu super mal à l’estomac et s’est sentie encore plus mal qu’avant. 

Quel est le problème ici ? Le mauvais geste ?

Le mauvais geste est la voie d’administration de l’huile essentielle.

Vous pouvez tout à fait avaler de l’huile essentielle de basilic exotique, versé sur un sucre. Vous pouvez le faire si vous n’avez pas ce souci à l’estomac. Et, quand on avale une huile essentielle, il est préférable de la diluer dans une cuillère d’huile végétale d’olive.

Ce qui n’est pas le cas ici.

L’huile essentielle de basilic exotique peut être irritante. Donc imaginez que cette huile essentielle se dépose sur la paroi de l’estomac, qui est déjà irritée. Forcément l’estomac n’a pas aimé.

En conclusion, dans cet exemple, il faut retenir que si vous avez un problème à l’estomac ou aux intestins, boire une huile essentielle potentiellement irritante et en la diluant sur un sucre est une mauvaise idée. Je vous déconseille de le faire.

Par contre, je vous conseille de vous référer aux formules déjà écrites par des spécialistes en huiles essentielles (aromathérapeute, docteur en pharmacie spécialisé en aromathérapie …) que vous trouverez dans les livres ou sur des sites auxquels vous avez une entière confiance. Au moins, vous serez sûr de votre geste. 

 

 

Boire une huile essentielle, ce n’est pas un geste anodin

Grâce à ces 2 témoignages, vous avez pu vous rendre compte qu’avaler une huile essentielle, c’est un peu compliqué et qu’il faut bien se renseigner avant de réaliser ce geste.

Mais avant de décider de se soigner avec une huile essentielle, il est conseillé d’aller voir son médecin pour connaître le diagnostic. C’est important (sauf si c’est des petits soucis comme un rhume et que vous êtes en bonne santé général, la ok, pas forcément besoin d’aller voir son médecin).

 

Les 6 points à suivre pour être sûr de ne pas faire de bêtises en avalant une huile essentielle

1er point à regarder : cherchez dans vos livres, dans vos formations ou sur des sites Internet de confiance, une fiche descriptive complète de l’huile essentielle que vous souhaitez boire. Vérifiez dans les propriétés qu’elle est bien adaptée à votre problème. Par exemple, si vous avez des spasmes intestinaux, vérifiez qu’elle soit antispasmodique (qui stoppe les spasmes).

2ème point à regarder : ses indications. Vérifiez que votre problème figure parmi les indications de l’huile essentielle que vous avez choisie.

3ème point à regarder : ses contre-indications, toxicité. C’est une étape importante. Ici, vous pourrez vérifier si votre santé générale, vous permet de prendre cette huile essentielle sans aucun risque. Par exemple, si vous êtes épileptique, certaines huiles essentielles sont déconseillées. Autre exemple, si vous avez un souci au foie, certaines huiles essentielles sont aussi déconseillées.

4ème point à regarder : vérifier que cette huile essentielle que vous souhaitez avaler soit conseillée pour ce mode d’utilisation. Par exemple, l’huile essentielle de citronnelle de Java est déconseillée à prendre par voie orale. Par contre, on peut l’appliquer en massage (à diluer) ou la diffuser. Idem pour celle de gaulthérie couchée. Il est déconseillé de l’avaler.

5ème point à regarder : vérifier que le mode d’administration « avaler » de l’huile essentielle correspond bien à votre problème. Peut-être que l’huile essentielle sera plus efficace si vous l’appliquez sur la peau ou si vous la diffusez. Un exemple : c’est la fin de journée et vous êtes super énervé, vous avez besoin de vous détendre. Les meilleurs modes d’administration pour se détendre avec les huiles essentielles, sont la diffusion, l’olfaction ou encore le massage sur le plexus solaire.

6ème point à bien respecter : le support utilisé pour diluer votre huile essentielle. Hyper important !! Surtout si vous utilisez une huile essentielle irritante. Parmi tous les supports qui existent, je vous conseille la cuillère à café ou à soupe (en fonction du risque d’irritation) d’huile d’olive afin de diluer un maximum l’huile essentielle ou les capsules à acheter pour un maximum de sécurité. 

 

Les risques de toxicités auxquels vous devez faire attention

Ici, on va voir plus en détail la catégorie des contre-indications, toxicité à vérifier si vous voulez boire une huile essentielle.

Notamment les plus courantes : risque d’irritation, risque de photosensibilisation  et le risque neurotoxique (toxique pour les nerfs).

Je rappelle que pour avaler une huile essentielle, je conseille de la diluer sur un support adapté.

 

Les huiles essentielles avec un risque d’irritation de la peau et des muqueuses

Munissez-vous d’une fiche descriptive complète de l’huile essentielle que vous souhaitez avaler (vous en trouverez de très bien sur mon blog 😉 ou sur le site de la Compagnie des Sens). Vérifiez dans les « Contre-indications » s’il est noté risque d’irritation, dermocaustique…

Si votre HE n’est pas irritante, tant mieux. Prise par voie orale, elle ne sera pas irritante pour  votre estomac et vos intestins.

Si votre HE est irritante, alors prudence. Certaines huiles essentielles contiennent des molécules irritantes comme par exemple la sarriette, l’origan, le clou de girofle, la cannelle, le basilic, le romarin à cinéole, le thym à thymol, verveine citronnée … La liste n’est pas exhaustive. 

Dans ce cas, il faudra bien veiller à diluer votre huile essentielle.

Et si vous souffrez déjà d’un problème digestif, je vous conseille vivement de suivre une recette écrite par un spécialiste en aromathérapie pour éviter de vous faire plus de bien que de mal et de bien suivre les posologies et la durée du traitement.

Sinon, en ce qui concerne les HE les plus irritantes, je vous déconseille d’avaler celles d’origan (sauf en capsules), les cannelles, thym à thymol. Pour les autres, veillez à bien vérifier les 6 points à regarder (voir plus haut) avant de décider d’avaler une huile essentielle.

 

Les huiles essentielles avec un risque de photosensibilisation

Ce risque de photosensibilisation signifie que la peau qui devient beaucoup plus sensible au soleil. Ce qui veut dire qu’après application en massage ou après avoir avalé une huile essentielle qui présente ce risque, vous ne devez pas vous exposer au soleil durant les 6 à 8 h.

Il s’agit surtout des huiles essentielles issues d’agrumes (citron, orange douce, pamplemousse …) et il y en a d’autres. Pour vérifier que votre huile essentielle est photosensibilisante ou pas, vous devez vérifier sur une fiche descriptive de celle-ci et regarder si ce terme apparait.

S’il n’apparait pas, c’est que votre huile essentielle n’est pas photosensibilisante.

Si elle l’est, alors vous pouvez quand même l’avaler (en suivant bien les 6 points qu’on a vus plus haut) mais faites attention à ne pas vous exposer au soleil.

 

Les huiles essentielles avec un risque neurotoxique

Là on ne rigole pas. Ce sont les huiles essentielles possédant le risque le plus grave en aromathérapie : toxique pour le système nerveux (dont vos neurones, donc on double de prudence). Il s’agit de la famille des cétones.

Certaines sont tout simplement déconseillées de prendre par voie orale. Sauf sur autorisation d’un aromathérapeute ou si votre formule est issue d’un spécialiste en huiles essentielles.

Voici une liste non exhaustive des huiles essentielles que je vous déconseille fortement d’avaler : eucalyptus mentholé, sauge officinale, thuya, romarin à camphre, hysope officinale, lavande stoechade …

Pour vérifier si votre huile essentielle possède ce risque neurotoxique, il suffit de regarder sur la fiche de votre huile essentielle dans les contre-indications. Mais aussi de vérifier si vous pouvez bien l’avaler (bref, on reprend les 6 points qu’on a vus plus haut).

Après, si vous souhaitez aller plus loin dans vos recherches, sachez aussi que certaines huiles essentielles contenant aussi des cétones peuvent quand même être avalées (ex : menthe poivrée) en petite quantité et sur une courte durée.

Donc, pas de panique non plus. Sachez que les huiles essentielles présentant un risque élevé de toxicité sont interdites en vente libre. 

 

 

Conclusion

Grâce à ces 2 témoignages, vous comprenez que la décision d’avaler une huile essentielle doit se faire en tout état de cause. Il faut bien se renseigner sur son huile essentielle. Pour cela, munissez-vous d’une fiche descriptive de celle-ci et vérifiez les 6 points qu’on a vus ensemble.

Bien entendu, diffuser ou appliquer une huile essentielle en massage doit aussi se faire en ayant pris soin de bien se renseigner avant. Mais la voie orale reste tout de même la moins sécurisante, bien qu’elle soit très efficace pour soigner des infections. 

Avant de l’avaler, veillez à bien vous renseigner si votre huile essentielle présente un risque :

  • d’irritation, voire dermocaustique
  • de photosensibilisation (la voie orale est aussi concernée)
  • neurotoxique

 

Aussi, si vous avez un problème digestif (ulcère, problème chronique, gastrite …), ne prenez pas le risque d’avaler une huile essentielle que vous aurez vous-même choisie. Préférez vous référer à une recette écrite par un spécialiste en aromathérapie. Vous en trouverez dans des livres, à des formations ou sur des sites Internet (de confiance j’insiste).

Maintenant, la prochaine fois que vous avez l’intention de vous soigner avec les huiles essentielles en choisissant la voie orale, faites preuve de prudence. Suivez bien les 6 points que j’ai écrits dans cet article et les risques de toxicité qu’on vient de voir.

Aussi, je vous invite à venir nous raconter vos témoignages. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de boire une huile essentielle pour vous soigner ?

Précautions :

  • Les huiles essentielles peuvent être irritantes ou allergènes. Il est préférable de faire un test allergique avant de les utiliser (appliquez sur le coude les huiles essentielles diluées dans de l’huile végétale et attendre 24 h, voire 48 h)
  • Certaines huiles essentielles peuvent être utilisées chez les femmes enceintes à partir du 4ème mois de grossesse. En parler avec un thérapeute avant toute utilisation.
  • Certaines huiles essentielles peuvent être utilisées chez les enfants dès 6 ans. En parler avec un thérapeute avant toute utilisation.
  • Certaines huiles essentielles ne sont pas adaptées aux personnes souffrant d’épilepsie.
  • Chats : vous pouvez diffuser des huiles essentielles en présence d’un chat, si la pièce est ventilée et aérée et que le chat puisse avoir la possibilité de partir de la pièce. Je vous déconseille d’appliquer et surtout de faire avaler une huile essentielle au chat sans avis médical.

Les informations de ce blog sont à titre informatif. Je tiens à vous informer que je me dégage de toute responsabilité quant à votre utilisation des HE sur vous-même ou une autre personne. Pour un usage thérapeutique, demandez toujours l’avis de votre pharmacien/médecin.

4 réflexions au sujet de « Comment boire les huiles essentielles (sans abimer son estomac) ? »
  1. Coucou Sandrine J’utilise souvent les HE par voie orale pour me soigner , gorge , intestin , estomac etc souvent je mets la synergie sur un cachet neutre car j’ai beaucoup de mal avec l’huile végétale à ce jour jamais eu de problème , dernièrement pour un mal d’estomac j’ai pris 1 gtte d’HE de menthe poivrée , basilic et coriandre sur mon support et en une seule prise mon mal a disparu , j’en ai été très étonnée , merci pour cette news 🙂🙂

    1. Sandrine_aromalin dit :

      Coucou Patricia je te remercie pour ton témoignage. Les HE sont en effet vraiment superbes pour un mal d’estomac ou d’intestin. Certaines personnes supportent mieux la voie orale que d’autres. Bises 🙂

  2. Pleurmeau dit :

    Merci des bons conseils détaillés, développés, et les lire c’est comme s’ils étaient pour moi ! C’est avec tant de chaleur humaine et aimante pour le BIEN de chacun ! Je veux dire que l’on sent du VRAI PROFESSIONNALISME avec AMOUR de l’HUMAIN . Un petit ajout , j’ai 85 ans, 6 enfants, 18 Petits-Enfants, ce que je lis fait tâche d’huile … Vous le voyez, je suis dans un moment d’insomnie, alors je m’occupe utilement ! et me frictionne voûte plantaire, plexus solaire et intérieur poignet avec mandarine

    1. Sandrine_aromalin dit :

      Bonjour Pleurmeau
      Merci pour votre commentaire si chaleureux. C’est bien l’HE de mandarine pour les insomnies. Pensez aussi à la phytothérapie comme la valériane et la passiflore, elles peuvent aider. 😉

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